L’Atelier du sourcil : un développement maîtrisé pour un succès garanti

27 décembre 2022
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En 2020, Jean-Michel Karam reprend L’Atelier du Sourcil, un réseau de franchise extrêmement performant qu’il met au service d’une beauté personnalisée. Zoom sur une franchise à succès menée d’une main de maître par un entrepreneur infatigable.


D’abord ingénieur dans une unité de recherche du CNRS à Grenoble, spécialisée dans le domaine des MEMS, Jean-Michel Karam se lance très vite dans l’entrepreneuriat. De MEMSCAP, sa première entreprise fondée en 1994, à IEVA Group, en passant par Ioma, ce serial entrepreneur est connu dans le secteur de la beauté comme un pionnier de la cosmétique personnalisée. Jean-Michel Karam nous explique son parcours, sa vision et sa stratégie pour faire de L’Atelier de sourcil une pièce maîtresse de l’expérience Ieva.

Des Mems à la beauté, de Memscap à Ieva Group

Comment passe-t-on du domaine des Mems au secteur de la beauté ? Pour Jean-Michel Karam, la bascule s’est faite un peu par hasard au cours d’une consultation chez un dermatologue. Venu faire analyser un grain de beauté, il s’aperçoit du manque d’équipement dont dispose le praticien. Quelques jours plus tard, il dépose un brevet et fait appel à une petite équipe pour concevoir un prototype capable de faire un diagnostic précis de la peau. Avec cette technologie, l’entrepreneur fait vite parler de lui dans le monde de la beauté, allant jusqu’à attirer l’attention de Vera Strubi dirigeante de la marque Thierry Mugler pour le groupe Clarins.

Mais quand il s’agit de business, Jean-Michel Karam s’impose deux règles d’or : comprendre parfaitement un marché avant de se lancer et ne se lancer qu’avec une technologie de rupture. C’est donc seulement en 2009 que l’entrepreneur crée IOMA. Cette marque s’appuie sur les diagnostics fournis par l’appareil développé quelques années plus tôt, pour confectionner des produits sur-mesure. Première marque à apporter la technologie dans la beauté, IOMA s’impose alors comme une pionnière de la cosmétique personnalisée.

Conscient des mutations des modes de consommation et de la montée en puissance de l’abonnement au détriment de l’accès à la propriété, l’entrepreneur ambitionne de devenir le Netflix de la beauté. En 2016, Jean-Michel Karam s’appuie donc sur l’expertise de IOMA pour créer IEVA et développe un système de coffrets beauté sur abonnement mensuel. Les produits envoyés sont composés sur mesure grâce à un kit de diagnostic et un bijou connecté qui récoltent les données dermatologiques et environnementales de l’utilisateur.

La franchise au service d’une technologie

Dans le cadre de cet abonnement, Jean-Michel Karam souhaitait aller plus loin et offrir à ses clients un service en institut. L’abonnement prévoit donc d’échanger une crème avec un voucher à utiliser dans un salon d'esthétique. Cette idée en tête, le serial entrepreneur rachète donc en 2020 le réseau de franchise numéro un sur son secteur : l’Atelier du sourcil. « L’atelier du sourcil est une machine de trafic ! À peine ouvert, le planning est complet. »

L’Atelier du sourcil, à l’origine pensé pour accompagner l’expérience IEVA, devient donc rapidement pour Jean-Michel Karam une pièce maîtresse de IEVA Group. Il s’intéresse à ce métier et aimerait dominer le marché du regard. Pour cela, il rachète le concurrent de L’Atelier du sourcil, Le Boudoir du regard qui se développe également en franchise. 

« Ces deux marques sont toutes les deux premium mais l’Atelier du sourcil est plus massif. Quand je l’ai acheté il y avait 98 portes, maintenant il y en a 129. On ouvre une unité par mois. En franchise, on a peut-être cinq candidatures par jour et on en ouvre seulement sept par an. Je réduis au maximum les ouvertures parce que je suis le garant du capital des franchisés, c’est-à-dire que je maintiens un développement en fonction du trafic des magasins pour ne pas l’abîmer, pour qu’il reste ce qu’il est. » détaille Jean-Michel Karam. « Sur le Boudoir du regard j’ai voulu quelque chose de différent, plus exclusif : l'enseigne ne compte que 18 boutiques. Je voudrais en faire le Guerlain du regard. »

Un objectif : l’introduction en bourse. Quelles conséquences pour les réseaux de franchise du groupe ?

Toujours à la recherche de nouveaux défis, Jean-Michel Karam prévoit d’introduire IEVA Group en bourse. Pour cet entrepreneur qui voit le travail comme un jeu, parvenir à coter une autre de ses sociétés en bourse – la première était Memscap en 2001 – est un vrai challenge. Un challenge qui, s’il est relevé, permettrait à IEVA Group de prendre encore plus d’ampleur. « Pour mes équipes, c’est aussi une possibilité de matérialiser leur succès. L’entrée en bourse c’est quelque chose qui donne énormément de notoriété, mais ce n’est qu’une étape, un moyen de financer le business, de créer de la valeur. Quand vous décidez d’entrer en bourse, vous vous disciplinez : il faut que les chiffres soient au rendez-vous. Si l’entreprise se dit n°1, il faut qu’elle le prouve. C’est un projet très utile pour driver les gens, pour qu’ils aient un objectif et s’alignent sur les bons standards du business. C’est très stimulant. » explique Jean-Michel Karam. 

Si cette introduction en bourse, prévue à l’horizon 2026, motive les équipes de IEVA Group, elle pourrait également avoir quelques effets positifs sur les réseaux de franchise qui le constituent : L’Atelier du sourcil et Le Boudoir du regard. « C’est rassurant pour les franchisés car cela signifie que c’est une boîte solide. Aujourd’hui, l’acquisition de L’Atelier du sourcil par IEVA Group lui a donné beaucoup de solidité, grâce à des services internalisés : la communication, les contenus, la finance, les ressources humaines, etc. C’est une structure prête pour la bourse et les franchisés en profitent car ils bénéficient de services centraux au carré, très professionnels. La principale préoccupation d’un franchisé est de savoir si son affaire va fonctionner. Nous aujourd’hui nous n’avons pas un seul franchisé qui perd de l’argent. » affirme l'entrepreneur.

L’Atelier du sourcil, un réseau performant, et ensuite ?

L’Atelier du sourcil fonctionne si bien, que la plupart des franchisés du réseau sont multi-franchisés, certains d’entre eux détiennent entre sept et onze boutiques de l’enseigne, tous les autres en ont trois ou quatre. Seuls les franchisés qui viennent tout juste d’intégrer le réseau ne détiennent encore qu’une ou deux unités. Ils ont déjà pour objectif d’en ouvrir d’autres et se disputent les bonnes localisations. « Ce sont des gens qui construisent un super patrimoine. Et si un jour, ils souhaitent sortir du réseau, ils voudront vendre bien et vite. Aujourd’hui, c’est le cas parce que les multiples sont très importants. » confie Jean-Michel Karam. Une valeur qui est notamment due à l’attention toute particulière que ce dernier porte à son développement. « Comme j’ouvre peu, il n’y a pas beaucoup de disponibilités, et ça fait monter le prix. » explique-t-il. 

Aujourd’hui, Jean-Michel Karam est à la recherche de « sang nouveau ». L’Atelier du sourcil s’ouvre donc à de nouvelles localisations dans de plus petites villes. L’entrepreneur teste également un nouveau concept, L’Atelier du sourcil by IEVA, implanté à Lamotte-Picquet. Il s’agit d’un Atelier du sourcil converti en Atelier du sourcil by IEVA. Une nouvelle activité qui fonctionne très bien selon son fondateur. « On ouvre bientôt un Atelier du sourcil by IEVA à Avignon pour le tester en Province. À Paris, je sais que ça marche, maintenant je veux voir si c’est le cas partout en France. Si oui, je l’ouvrirai aussi en franchise. Je pense que c’est notre job d’éprouver le concept et de le tester pour qu’il soit parfait quand on le passe aux franchisés. »

Écrit par Sibylle Pinochet

Rédactrice en chef

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